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Explosion en 2017 des retards de paiement pour les PME (étude)

La durée moyenne des retards de paiement a explosé en 2017 pour les petites et moyennes entreprises, conséquence de la reprise économique, selon une étude dévoilée mardi par le cabinet ARC, spécialisé dans le recouvrement de créances.

Dans l'ensemble, le retard moyen de paiement s'établit à 12 jours en 2017, contre 11 jours en 2016, a indiqué Kérine Tran, juriste du cabinet lors d'une présentation de cette étude, réalisée avec l'Ifop en septembre auprès de 359 entreprises de 50 salariés et plus.

Mais pour les PME, le retard moyen est passé de 11,8 jours en 2016 à 14,5 jours en 2017.

"Cette première phase de reprise économique est source de tensions pour la gestion de ces entreprises puisqu'elle suppose la reprise des investissements avec une trésorerie encore fragile", a expliqué de son côté Denis Le Bossé, président du cabinet ARC, cité dans un communiqué.

En revanche, le retard a baissé du côté des grandes entreprises, à 9,6 jours contre 10,4 jours en 2016, "sans doute sous l'effet de la politique du +name and shame+", instaurée par Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre de l'Economie, selon M. Le Bossé.

Bercy publie désormais sur son site les noms des entreprises condamnées à des amendes conséquentes pour des retards de paiements envers leurs fournisseurs.

Autre observation: si les gros retards étaient en nette baisse en 2016, ils sont repartis à la hausse cette année. Les retards de plus de 30 jours représentent 11% du total des retards pour les PME, contre 4% en 2016, et 20% pour les grands groupes, contre 9% l'an dernier.

De leur côté, les retards de 1 à 10 jours diminuent, passant de 58% en 2016 à 40% en 2017 pour les PME, et de 57% à 50% pour les grands groupes.

Or, "94% des dirigeants pensent que le non-respect des délais de paiement met en danger la santé des entreprises pouvant aller jusqu'au dépôt de bilan", selon l'étude.

Pour réduire ces délais, 57% des entreprises jugent efficace la dématérialisation des factures.

Par ailleurs, elles sont 56% à se prononcer pour la publication des amendes non plus uniquement sur le site de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) mais sur les bases d'informations légales.

Enfin, "76% des entreprises pensent que le secteur public respecte moins bien les délais de paiement que le secteur privé et 53% des PME refusent de répondre aux appels d'offres émis par le secteur public par crainte de ne pas être payées ou de subir des délais de paiement trop longs", révèle le baromètre.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a jugé que cette situation était "totalement inacceptable". "L'Etat doit être exemplaire en matière de délais de paiement", a-t-il insisté.

Il s'est par ailleurs dit "favorable" au durcissement des règles en termes de publication et de politique de "name and shame", à la réduction du plafond légal du délai de paiement et à la poursuite de l'effort de dématérialisation des factures.

"Ces trois orientations (...) peuvent parfaitement trouver leur place dans la loi sur la transformation des entreprises que je porterai en avril prochain au parlement", a-t-il jugé.

Publié (AFP)