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12
Nov

Déploiement de la facture dématérialisée et interopérabilité

Formats, modalités, opérateurs… les sources de complexité sont nombreuses dans l’échange de factures dématérialisées. Organiser les formats ou les données, et faciliter l’adressage ouvert contribuent à réduire la complexité. Elles atteindront leur objectif une fois le routage fluide des données possible. La facture électronique doit copier la logique cellulaire de la téléphonie mobile pour libérer tout son potentiel.

Nous avons montré dans de précédentes tribunes que l’obstacle majeur au déploiement de la facture électronique est l’insuffisante interopérabilité actuelle de sa mise en œuvre. La marge de progression est importante : les formats de données et d’échange doivent être calés, à défaut d’être normalisés, et l’accès aux informations sur les modalités de la transaction être facilité pour que tout émetteur (ou son opérateur) connaisse aisément les attentes de chaque récepteur. A ces conditions alors, un émetteur pourra émettre la facture de son client, dès la première transaction, par les bonnes voies : données, modalités réglementaires et point de livraison technique.

L’absolue impossibilité du point-à-point

Le point à point est le schéma actuel de la transmission de factures électroniques. Il est hérité de l’EDI et du rôle actuel des grands donneurs d’ordres qui poussent leurs fournisseurs à dématérialiser leurs factures. Cette logique est limitative car elle sous-entend une phase de test en amont de l’envoi des premières factures. Cependant elle arrange beaucoup d’opérateurs qui se rémunèrent sur la mise en œuvre et le déploiement, plus que sur le flux. Ces opérateurs aimeraient que la logique point-à-point / mode projet soit généralisée car elle leur assure un contrôle rémunérateur des flux échangés.

Généraliser le point à point est impossible. D’abord car cette approche n’est jouable qu’avec des acteurs capables de le supporter techniquement et financièrement. Surtout parce que le nombre trop important de parties prenantes à déployer ne le permet pas. Les parties doivent être « plu-and-play » et pouvoir s’intégrer au processus d’échange de flux dématérialisés avec une grande simplicité et un investissement minimum. Le parallèle avec la téléphonie est instructif : avec les téléphones filaires, une action d’installation et raccordement est nécessaire, incluant des tests de validation. Avec un téléphone cellulaire, l’insertion de la carte SIM dans l’appareil suffit à le faire reconnaître par le réseau qui peut dès lors lui acheminer des appels où que l’appareil soit localisé géographiquement.

Vers un réseau cellulaire des opérateurs

La facture dématérialisée entre dans une période déterminante. Le chantier est grand : emprunter le chemin suivi par la téléphonie mobile depuis 15 ans. Souvenons-nous… fut un temps, appeler un correspondant sur un réseau autre que celui de l’émetteur était source de coût voire de complexité. Ceci est révolu. Il suffit de composer un numéro pour joindre son correspondant, quel que soit son terminal, son opérateur ou son emplacement géographique (même s’il est à l’étranger). L’architecture cellulaire des réseaux téléphoniques permet de localiser le destinataire selon le relais auquel son mobile est connecté. L’intelligence du réseau s’occupe ensuite d’acheminer la communication, par paquets, jusqu’à ce relais par le meilleur enchaînement de relais cellulaires possible. Si le correspondant bouge, le chemin s’ajuste pour le suivre de relais en relais. Et si nécessaire, des réseaux tiers sont mobilisés (roaming et handover).

La facture fera de même. L’opérateur de l’émetteur récupérera les données d’acheminement (format et données, modalités réglementaires et point de livraison) et par un jeu de routage entre opérateurs, il établira le meilleur chemin pour atteindre le point de livraison attendu. La facture électronique correctement formée atteindra ainsi son destinataire via un chemin dynamique constitué de multiples interconnexions entre opérateurs. Et comme tous les opérateurs ne pourront pas tous s’interconnecter ensemble, la facture passera par différents opérateurs avant d’atteindre son destinataire final.

Un modèle technique et économique à construire

Un tel routage suppose des normes d’échange interopérables, faciles à opérer de manière souple et dynamique, pour supporter la circulation des objets factures quel qu’en soit la forme (XML, PDF, EDI…). Au même titre que les normes GSM ou UMTS traitent les paquets de données constitutifs des communications. Le point à point peut s’envisager entre des opérateurs en nombre limité sur un territoire. Ce point à point montrera rapidement ses limites, sauf à imaginer des opérateurs positionnés en intermédiaires incontournables au rôle de pivot dans l’acheminement des flux.

Instaurer une logique de routage inter opérateurs conduit aussi à définir un modèle économique. Chaque intervenant peut revendiquer la rémunération de sa contribution dans l’acheminement. Cette rémunération existe dans la téléphonie cellulaire. Elle y est par défaut invisible pour l’appelant lorsque les opérateurs traitent en direct, elle peut être visible lorsqu’un opérateur tiers intervient. Rien n’interdit d’avoir une approche similaire pour la facture dématérialisée, tant qu’elle reste raisonnable et que l’émetteur la connaît afin de pouvoir prendre ses décisions en connaissance de cause.

La question centrale dans la facture électronique est l’acheminement immédiat et facile de données exploitables par le destinataire. Dans la version papier, cette mission d’acheminement est assurée par la Poste. Dans la version électronique, c’est l’opérateur de dématérialisation qui manipule les données et route le flux pour le livrer à bon port et conforme aux attentes du destinataire.

Tout le reste, bien qu’important, est secondaire. Aborder la facture électronique par la signature, l’archivage ou en copiant-collant en mode PDF les pratiques du papier revient à faire fausse route. De même que segmenter les solutions par modalités réglementaires : PDF ou EDI… L’émetteur ne peut pas avoir plusieurs solutions et les ajuster selon les demandes variables de ses clients, alors qu’il ne maîtrise pas ces demandes et leurs évolutions. La diversité des flux sortants doit être gérée en aval de l’émission de la facture et non en amont.

La facture électronique est un sujet nouveau qui va imposer ses règles et ses usages, différents de ceux liés à la facture papier. Une période intense et formidable nous attend sur ce sujet.

E. Wanscoor & A. Ben Abdallah – Qweeby Liens partenaires

Publié dans Services aux Entreprises

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